mercredi 6 janvier 2010

Londres vue par Verhaeren (texte 2)

Texte 2
LONDRES
Et ce Londres de fonte et de bronze, mon âme,

Où des plaques de fer claquent sous des hangars,

Où des voiles s'en vont, sans Notre-Dame

Pour étoile, s'en vont, là-bas, vers les hasards.



Gares de suie et de fumée, où du gaz pleure

Ses spleens d'argent lointain vers des chemins d'éclair,

Où des bêtes d'ennui bâillent à l'heure

Dolente immensément, qui tinte à Westminster. 



Et ces quais infinis de lanternes fatales,

Parques* dont les fuseaux plongent aux profondeurs,
Et ces marins noyés, sous des pétales
De fleurs de boue où la flamme met des lueurs.



Et ces châles et ces gestes de femmes soûles,

Et ces alcools en lettres d'or jusques au toit,

Et tout à coup la mort parmi ces foules,

O mon âme du soir, ce Londres noir qui traîne en toi !
Emile Verhaeren – « Les soirs », 1888.
* Parques: divinités maîtresses des destinées des hommes dans l'Antiquité.

Questions sur le texte 2 (Emile Verhaeren) :
  1. De quel type de texte s'agit-il ? Justifiez votre réponse en relevant deux caractéristiques du document.
  2. Relevez trois noms de métaux et commentez cet emploi en oubliant pas le contexte de production de ce texte.
  3. Quels éléments de la ville Verhaeren illustrent-ils ? Sont-ils situés en même endroit ?

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